Ce 1er octobre 2024, un moment privilégié a été donné aux citoyens d’Ham-sur-Heure-Nalinnes : un double arc-en-ciel a été visible. Un ciel mouvementé, un soleil lumineux en Thudinie avec des traits de lumière rasants… ce qui nous a permis avec la pluie, par le prisme de la vie, de découvrir 2 arcs-en-ciel complets avec une origine au nord et une fin au sud (ou inversement).
Assez symbolique, il me semble le reflet du bassin versant, lieu de contraintes et de capacité de la vie.
Je vous donne cela comme information, comme un être humain et une ouverture de l’esprit par rapport à la compréhension de l’autre et d’être dans le temps présent des émotions de notre environnement.
Depuis plusieurs années, notre engagement me semble clair dans la connaissance, dans la reconnaissance de la rivière. Elle demande des engagements dans son respect et dans l’image qu’elle peut construire par rapport à notre humanité et par rapport aux différents ressentiments que l’homme peut construire dans cette société qui marche.
L’ASBL « le Chemin d’un Village » a toujours été sensible à ces différents aspects, et c’est comme ça, qu’elle a mis en évidence trois axes d’orientations qui sont le dialogue Ville-Campagne, la problématique de l’eau et la dynamique de l’artisan.

En d’autres termes, le point clé de notre aventure, c’est la marche d’observations : être un lieu en soi, à la découverte des lieux de rencontres. Véritable enseignement de la vie, « être capable de toucher terre » comme disait Henry Pourrat, véritable lieu de mémoire et de patrimoine, de connaissance de la vie, symbole mémoriel et tiers-lieux de la condition humaine.
Se donner du temps, apprécier les choses, être capable de se construire, d’œuvrer et de faire mouvement tel est le sens de notre démarche depuis plusieurs dizaines d’années.

Dans le but de créer des liens, véritables métiers à tisser de l’artisan qui œuvre dans le chemin de l’aventure de l’élément vital qui est de vivre simplement. Tout cela peut se traduire par différents chapitres de l’organisation de la vie et en synthèse, être utile à la société pour rencontrer l’autre, permettre un développement humain axé sur le travail, le respect du patrimoine et une qualité de vie reprenant les enjeux du vivre ensemble.
Certes, cela doit être accompagné de la naissance des rétroactions capables de baliser le chemin de la vie avec un cadre de vie polarisé sur la qualité et l’écoute des consciences en mouvement.
Il faut savoir que la poésie n’est pas étrange à cela, certes la souffrance fait partie des épreuves circonstancielles, néanmoins le sourire et la lumière ouvre au monde dans une capacité de déplacement qui engendre une certaine souplesse qui nous permet d’accepter la robustesse nécessaire à faire mouvement naturel du corps avec la compréhension de la vie.
N’oublions pas aussi l’imaginaire : rêver vers un avenir meilleur ou tout simplement laisser s’exprimer en nous (et à travers nous) la légèreté et la douceur de la vie… créer un poème, réaliser une peinture, construire un ouvrage, chantonner une mélodie, gribouiller un dessin… tant d’expressions de la vie se trouvent en nous, il suffit de leur laisser la place.
Voilà il me semble les enjeux que nous nous sommes donnés au niveau de l’ASBL « Le Chemin d’un Village ».
Pour concrétiser tout cela, je pense que nous vivons aujourd’hui des temps exceptionnels car à l’image de l’arc-en-ciel de ce 1er octobre, je trouve que les jeux paralympiques de Paris ont donné à l’handicap une voilure capable d’interpeller l’homme dans toute sa dimension.
Habiter la terre demande beaucoup d’humilité, de construire une création de contenu et de récits qui donnent du sens à l’habitat, au respect des êtres vivants (la biodiversité) et une attention particulière au climat.
Précisément par rapport à cela, le Chemin de l’Eau d’Heure est celui qui appréhende une prise de conscience diverse sur la complexité de notre monde. Ce bassin de référence nous donne par la vitalité de sa rivière la capacité de reprendre son souffle pour appréhender le monde de demain. La mélodie qu’elle engendre est exceptionnelle et permet de rencontrer le fameux dialogue Ville-Campagne dans le projet de Charleroi Métropole. La lecture du monde dans un langage compris par les uns et les autres va nous donner l’interprétation fondamentale de la vie et l’expression dans des domaines divers.
L’Eau d’Heure nous tient la main. Le Chemin de l’Eau d’Heure est une terre d’accueil. Son lit, la rivière, le début, la fin, ne sont que la base de la famille pour permettre la vigilance « d’une mèr(e) intérieure » (voir Jacques Viesvil) qui nous donne l’approche, le regard. Tout cela constitue l’émerveillement, suit la beauté, puis la naissance et la révélation de notre enfant intérieur qui espère une humanité grandissante…tel est le sens de l’Eau d’Heure.

Pour constituer tout cela, il y a peu, nous avons travaillé pendant une bonne année sur « Lieux de vie, la nature et nous » que vous pouvez retrouver sur notre site. Nous remercions de nouveau la ville de Charleroi dans le soutien et le dialogue que nous formulons dans la prospective de notre avenir.
De plus, nous nous sommes permis de mettre en évidence les 20 panneaux de « Lieux en chemin » qui caractérisent la vallée de l’Eau d’Heure de sa source à son embouchure avec quelques petits slogans qui précisent notre regard dans l’aventure du cycle de l’eau.
Pour ne pas être trop long et préciser le sens de notre travail par rapport à « Lieux de vie, la nature et nous », c’est que cette brochure est une ébauche à la compréhension de la condition humaine, à appréhender notre avenir dans les conditions de territoire, de social, de culture, de représentation des schémas de pensée etc. Tout cela parce que je pense qu’un véritable enjeu à appréhender est de donner la capacité d’apprendre à apprendre, d’une façon systémique/ holistique pour comprendre le sens de la vie. C’est un enjeu crucial de notre société pour avoir une connaissance partagée qui permet d’éviter une sorte d’éco-anxiété pour permettre les regards nécessaires à l’expression de notre constitution par rapport à l’eau, nos origines et l’expression humaine de la vie. Cela va nous permettre d’approcher les limites de la terre et la résilience d’un territoire par rapport à un bassin versant où l’eau est fondamentale pour aller vers le sol, pour construire les villages, les villes, l’agriculture, la forêt et donner à ce cycle de l’eau un sens correct pour donner à notre territoire la capacité de recevoir le différentiel climatique en termes de stress hydrique et d’inondations : cela demande certainement plus d’explications que nous développerons dans notre prochaine brochure « cahier n°4 » réalisé avec la Région Wallonne et la division de l’eau.
Je pense que nous avons abordé le dialogue Ville-Campagne, et pourquoi pas la pertinence d’un village à la ville, c’est une pensée libre.
J’aime le vieux chêne ou le tilleul autour de la place, j’aime la fontaine, j’aime le lavoir, les enfants autour d’un ruisseau et je pense que, sans être passéiste, comprendre notre évolution ne peut pas faire de tort afin d’avoir une capacité de se comprendre et d’avoir le ton. La cabane n’est pas étrangère à la compréhension de notre territoire avec ses odeurs et son charme qui permettaient à nos enfants d’appréhender l’école du dehors.

Je pense que l’on s’est compris sur l’importance des valeurs rurales pour construire les piliers de notre société. Je pense qu’elles ne nous ont pas tout dit. Le milieu rural est aujourd’hui encore d’actualité pour construire le dialogue Ville-Campagne contemporain. De plus, cela invite notre ASBL à travailler sur la notion de patrimoine où le travail et le temps sont les clés de l’appréciation des moments privilégiés qui donnent à la création, la notion de tempérance et permet de vivre à des échelles intéressantes la compréhension de notre monde dans un savoir être et savoir faire.
Pour terminer tout cela converge vers l’expression de la vie qu’il est important de supputer ou en tout cas, n’hésitons pas à dire que l’artisan est aussi un élément clé de notre destination car il faut se rappeler le paysan capable d’ouvrir le livre de la nature, le charpentier qui fera notre maison et dans le même sens, le sculpteur qui donnera à notre corps de logis la lumière des lieux, le boulanger qui fera le pain pour la communauté, …
Certes dans cette vision, énormément de manques/ou interprétations diverses peuvent être enclenchés.
Pour notre part, je pense qu’elles sont génératrices d’un dialogue. La bifurcation est certainement possible. En tout cas, conservons, à votre convenance, un lien qui peut permettre une constitution d’un lieu symbolique engendrant l’histoire des concerts des rassemblements pour permettre des lendemains qui chantent.

A votre écoute, bonne continuation, à bientôt, bonne vie,
Philippe Michaux
NB :
« Il était d’un village, il en connaissait le monde », Michel Serres
« Il faut tout un village pour construire un enfant », proverbe africain

