Le Chemin de l’eau

 

Voici un texte, « Le chemin de l’eau » écrit par l’écrivain Jacques Viesvil.

Dans une époque le plus souvent vouée en défaitisme, à la dispersion des idées, il est essentiel de redessiner, au plus vite, un environnement susceptible de dynamiser les esprits autant que les énergies.

En cela, la valorisation de nos espaces et de notre patrimoine naturel est un objectif accessible à moindre frais. Le retour vers la nature s’impose à court terme.

A ce titre, le chemin de l’eau, par son magnétisme ancestral, semble la voie royale de la découverte et de l’exploration de nos régions.

Le Chemin de l’eau oublié, négligé depuis des générations n’en demeure pas moins le chemin de la vie.

Il est au porte de Charleroi une rivière désertée par les hommes d’aujourd’hui. Elle était jadis une voie d’évasion, une porte ouverte sur une vallée qui s’enfonce plein sud vers les hautes terres du Hainaut et du Namurois.

Cette voie de pénétration ancestrale c’est le chemin de l’Eau d’Heure dont le bassin versant dessine un vaste triangle qui court depuis le goulot de l’embouchure à Marchienne, vers le grand large que sont les sites des barrages de l’Eau d’Heure, à plus de cinquante kilomètres en amont.

Un large triangle de dizaines de kilomètres carrés dont la vision aérienne dégage un espace aussi vaste qu’une « Mer intérieure ». Un véritable oasis de sources, de ruisseaux, de rivières, de prairies, de marais, de forêts, de plan d’eau.

Une terre d’élevage bovins, une terre à culture maraîchère dont les cargaisons de primeurs vont vers les villes en aval.

Destins croisés de la ville et de la campagne où chacun trouve son abondance à donner ou à recevoir.

Echange économique qui annonce l’amorce d’un dialogue si souvent appelé à renouer les relations entre les hommes.

Une chance inespérée nous est donnée de sauver le pays noir tout entier. De lancer des amarres de la ville vers les campagnes en amont. De tisser, d’en haut vers le bas, une toile d’eau vivante et de chemins. De changer notre morosité en verte espérance.

En sommes-nous conscients ?

Avons-nous désir de mêler nos pas aux chemins de l’eau comme aux chemins de terre, d’aller librement à la découverte, de respirer l’air des hautes terres, de nous immerger dans l’harmonie des pâturages et des forêts.

Sauver le moindre segment de rivière, de la dévastation, sauver la moindre piste buissonnière, la moindre éclaircie de ciel libre afin de rendre au gens de chez nous des espaces de salubrité, de bien-être, de santé mentale et physiologique.

Sauver notre environnement c’est aussi sauver l’homme de lui-même.

Car l’homme est indissociable de son milieu géographique et social.

Il y vit en symbiose. Ce qui s’inscrit à l’échelle de notre environnement proche et quotidien s’inscrit aussi à l’échelle de la planète et dans le temps. Sauver un espace de nature originelle où qu’il soit dans le monde, c’est sauver une parcelle d’avenir de l’humanité.

Il n’y a pas de petite révolution.

L’homme et les plantes ont toujours vécu en parfaite sympathie depuis le début de l’humanité et cela dans le respect des bois naturelles de la vie.
Ces lois ont toujours valeur universelle.

Elles s’appliquent aussi à l’échelle d’une micro-région.

Une bonne dizaine de sites, de villettes, de la bourgs, de villages de hameaux s’égrenent au fil de l’Eau d’Heure et sur les pentes de sa vallée.

Que de chemins oubliés par les hommes. Chemins des dizaines de fois fragmentés, barrés, perdus, retrouvés, redessinés.

Et qui enlèvent au fil de l’eau toute unité, toute continuité, toute reliance et volonté.

Et cependant la mémoire collective en témoigne, les chemins oubliés ne sont pas disparus.

Ils sont là sous la peau. Ils sont inscrits depuis des générations dans la chair profonde de notre terre.

Dans celle de nos parents, de nos grands-parents, de nos aïeux.

 

Les chemins se révèlent spontanément dans l’imaginaire populaire. Ils surgissent des souvenirs. Ils s’installent dans le présent. Ils s’inventent une nouvelle réalité à laquelle il suffirait de rendre sa vocation première.

Ce n’est qu’ensemble que nous le pouvons.

Rendre le fil de l’Eau d’Heure au cheminement de l’homme. L’ouvrir à la découverte, à la promenade, au tourisme, au pittoresque. C’est rendre la terre à son énergie première et créatrice.
Et les hommes d’ici en ont grand besoin.

C’est un rendez-vous qu’ils ne peuvent manquer.

Un devoir que nous devons à chacun d’eux tout autant qu’à cette terre du bassin versant de l’Eau d’Heure.

Un devoir de réciprocité qui appelle en nous le sens de l’humanité et du spirituel.

 

Jacques Viesvil.
Voici quelques photos prises lors d’une excursion sur la Sambre, ce samedi 19 mars 2011, dans le cadre de la quinzaine wallonne de l’eau. Le dernier bouquin de Jacques Viesvil, « Le Chemin de l’eau-Val de Sambre », y fut présenté par la lecture de quelques textes.
N’hésitez pas à en prendre connaissance chez l’auteur (Fax de Jacques Viesvil: 071/35.72.25) et dans les bonnes librairies de la région.

 

 

 

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